Mobilisés de toutes nos forces, sur tous les fronts de l’urgence

COVID-19 - Dernière mise à jour 05/06/20 08:33

26.05.2020 8H00

Face à la crise sanitaire et sociale entraînée par la propagation du COVID-19, l’Ordre de Malte France a mobilisé toutes ses forces, en France comme à l’international, dès le déclenchement de la crise sanitaire. 

Nos structures hospitalières à l’international ont mis entre parenthèses leurs activités non essentielles pour pouvoir faire face à la situation. Le Centre Hospitalier de l’Ordre de Malte (CHOM) de Dakar, au Sénégal, a accueilli tout au long de la crise plusieurs dizaines de patients, en soutien de l’hôpital principal de la ville.

A l’île Maurice, où le confinement a entrainé de graves difficultés économiques pour une partie importante de la population, les secouristes formés par l’Ordre de Malte France ont distribué des packs de survie sur le terrain et participé à la formation des entreprises au déconfinement. 

Nos établissements médico-sociaux et sanitaires ont été plus réactifs que jamais et rien n’a été laissé au hasard pour protéger les résidents. En savoir plus 

Surtout, dès le 15 mars, l’association a réorienté 80% de son activité vers l’aide aux plus fragiles. 72 de nos délégations et UDIOMS sont désormais engagées dans des actions de soutien aux personnes fragiles, démunies, isolées : maraudes, distributions alimentaires, visites téléphoniques… et bien d’autres initiatives, comme la création de Soli’Malte.

En savoir plus

Nous vous expliquons pourquoi !

Versailles, avril 2020, en pleine crise du COVID19.

Une femme est assise, seule, l’air un peu absent, sur les marches d’un magasin fermé. Il est 21h30, la température est en train de chuter : on annonce 1 degré. Pourtant, elle ne porte que des vêtements et un manteau léger, ses pieds sont nus dans de fines chaussures en toile. La maraude de l’Ordre de Malte France qui vient à sa rencontre va lui permettre de retrouver un hébergement.

Comme cette femme, bien d’autres personnes sont aujourd’hui dans la détresse. À la crise sanitaire a succédé – il fallait s’y attendre – une crise sociale durable : nul ne peut en prédire la durée ni le terme. Le confinement, mesure incontestable en matière de santé, a été particulièrement difficile pour les personnes à la rue et pour d’autres, toujours plus nombreuses, désormais en situation de fragilité économique, physique et psychologique. Face à cette urgence, l’Ordre de Malte France a voulu agir, avec une réponse adaptée à la nouvelle réalité du terrain et aux besoins spécifiques créés par le contexte des derniers mois. Dès le 15 mars, l’association a réorienté 80% de son activité vers l’aide aux plus fragiles.

Des précaires toujours plus précaires

La crise du COVID-19 a d’abord fragilisé les structures d’urgence habituelles - foyers et centres sociaux, points de distribution de repas et vêtements, de consultations avancées, douches publiques… 65% des associations ont ainsi dû «mettre en sommeil» leur activité. Or il s’agit souvent du seul « filet de sécurité » des personnes sans abri, par ailleurs très isolées : « Ça fait des années que les gens sont à un mètre de moi quand ils passent dans la rue… Le confinement, ça ne change pas grand-chose ! », a ainsi expliqué l’une d’entre elles à nos bénévoles.  Si le faible lien qui les relie au système d’urgence vient à se distendre, elles deviennent invisibles, accroissant le nombre des hyper précaires. 

Une nouvelle forme de fragilité

Elle a émergé pendant la crise sanitaire, et probablement à long terme : « ce sont ceux qui ont un domicile fixe mais un faible niveau de revenu habituellement, et dont  les ressources sont amoindries par la crise économique, le chômage partiel… ils ne peuvent plus se nourrir », explique Guillaume Romaneix, directeur délégué aux supports délégations. Depuis le mois d’avril, nos bénévoles témoignent qu’ils rencontrent - et c’est un fait nouveau - de plus en plus de personnes se nourrissant dans les poubelles. À Toulon, Monique Rolland, déléguée départementale, s’interrogeait pendant le confinement sur le nombre de personnes encore à la rue, « alors que trois hôtels ont été réquisitionnés pour l’hébergement, outre les centres habituels. Chaque semaine, dès le début, nous avons vu plus de 200 personnes lors de nos maraudes ». 

Il faut une réponse adaptée !

Ces nouveaux fragiles n’ont pas l’habitude de l’aide d’urgence, il faut donc aller vers eux, dans les quartiers identifiés comme prioritaires par les  institutions et associations de très grande proximité, qui savent qui et où sont les personnes concernées. Pour toutes, l’alimentation et l’hygiène sont devenues des enjeux majeurs au quotidien.  Sans oublier la santé : « L’état physique des personnes à la rue s’est dégradé à partir de fin mars. Nous avons noté plusieurs décès pendant cette période, plus que d’habitude », rapporte Thierry Vandamme, délégué du Bas-Rhin. 

Soli’Malte, un nouveau service d’urgence

« L’association voulait aussi pallier les déficiences de suivi médical constatées pendant le confinement. D’autant plus que les personnes en situation de précarité n’osaient plus, pour beaucoup, aller à l’hôpital, de peur d’être contaminées. Elles restaient du coup avec leur(s) pathologie(s) ou accumulaient des problèmes de santé », détaille Guillaume Romaneix. « Pour toutes ces raisons, la Maison a voulu réunir ses savoir-faire pour les projeter au plus près des personnes fragiles, là où elles sont ». Ainsi est né le dispositif « Soli’Malte », un nouveau service d’urgence de rue.

L’idée : apporter une assistance à la fois alimentaire, sanitaire (avec un personnel de santé ou un secouriste prenant les constantes, assurant les premiers soins et transmettant un bilan aux services médicaux d’urgence, et la remise de kits hygiéniques) et enfin sociale, psychologique et/ou spirituelle. 

En savoir plus sur Soli’Malte.

Mise en œuvre

Des liens ont été établis avec nos partenaires habituels et de nouveaux pour obtenir des produits alimentaires et d’hygiène. Et des démarches locales permettent aussi de récupérer les invendus des magasins. Le projet a été lancé dans treize grandes villes : Bourges, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Nantes, Lille, Strasbourg, Lyon, Versailles, Colmar, Mulhouse, Paris et Toulon, en modulant le format selon les spécificités locales et en s’intégrant dans le tissu associatif local. 

Une utilité toujours d’actualité

« Au cours de cette période, les demandes des personnes précaires ont changé, explique encore Thierry Vandamme. Certes, pendant le confinement, à Strasbourg, beaucoup ont été logées à l’hôtel et étaient nourries deux fois par jour. Mais dès le 11 mai, elles ont été remises à la rue, alors que les associations comme les Restos du Cœur n’ont pas pu rouvrir tout de suite. Nous avons donc continué à préparer des colis alimentaires et à les distribuer au cours de nos maraudes. Malgré la fin du confinement, le dispositif Soli’Malte est toujours adapté ». D’autant plus que l’intérêt de la présence systématique d’un secouriste a été constaté partout : pouvoir vérifier de manière quasi professionnelle les détresses vitales avérées et transmettre un bilan précis au médecin de la régulation du Samu en cas de problème, peut permettre le déclenchement d’un véhicule de secours si besoin et sauver des vies. 

Témoignage de Barthélémy Gindre, bénévole à Boulogne-Billancourt

« Ce soir-là, notre équipe composée de deux maraudeurs et un secouriste est partie vers 20h30 pour l’une des premières maraudes Soli’Malte. Les personnes rencontrées apprécient particulièrement la prise en charge par un secouriste, ne serait-ce que pour une prise de température et de saturation. Ces gestes simples leur donnent l’assurance que l’on se soucie de leur santé – et donc de leur vie - en cette période où le sujet est sur toutes les lèvres. La majorité se porte bien, mais tous sont soulagés qu’un secouriste leur confirme leur bon état de santé. Cette première maraude Soli’Malte a montré l’intérêt de déployer en même temps l’ensemble des compétences maltaises : aide alimentaire, distribution de produits d’hygiène, écoute, soutien social, prises de température et de saturation en oxygène ». 

Mobilisés de toutes nos forces, sur tous les fronts de l’urgence

COVID-19

Dernière mise à jour 26.05.2020

Face à la crise sanitaire et sociale entraînée par la propagation du COVID-19, l’Ordre de Malte France a mobilisé toutes ses forces, en France comme à l’international, dès le déclenchement de la crise sanitaire. 

Nos structures hospitalières à l’international ont mis entre parenthèses leurs activités non essentielles pour pouvoir faire face à la situation. Le Centre Hospitalier de l’Ordre de Malte (CHOM) de Dakar, au Sénégal, a accueilli tout au long de la crise plusieurs dizaines de patients, en soutien de l’hôpital principal de la ville.

A l’île Maurice, où le confinement a entrainé de graves difficultés économiques pour une partie importante de la population, les secouristes formés par l’Ordre de Malte France ont distribué des packs de survie sur le terrain et participé à la formation des entreprises au déconfinement. 

Nos établissements médico-sociaux et sanitaires ont été plus réactifs que jamais et rien n’a été laissé au hasard pour protéger les résidents. En savoir plus 

Surtout, dès le 15 mars, l’association a réorienté 80% de son activité vers l’aide aux plus fragiles. 72 de nos délégations et UDIOMS sont désormais engagées dans des actions de soutien aux personnes fragiles, démunies, isolées : maraudes, distributions alimentaires, visites téléphoniques… et bien d’autres initiatives, comme la création de Soli’Malte.

En savoir plus

Nous vous expliquons pourquoi !

Versailles, avril 2020, en pleine crise du COVID19.

Une femme est assise, seule, l’air un peu absent, sur les marches d’un magasin fermé. Il est 21h30, la température est en train de chuter : on annonce 1 degré. Pourtant, elle ne porte que des vêtements et un manteau léger, ses pieds sont nus dans de fines chaussures en toile. La maraude de l’Ordre de Malte France qui vient à sa rencontre va lui permettre de retrouver un hébergement.

Comme cette femme, bien d’autres personnes sont aujourd’hui dans la détresse. À la crise sanitaire a succédé – il fallait s’y attendre – une crise sociale durable : nul ne peut en prédire la durée ni le terme. Le confinement, mesure incontestable en matière de santé, a été particulièrement difficile pour les personnes à la rue et pour d’autres, toujours plus nombreuses, désormais en situation de fragilité économique, physique et psychologique. Face à cette urgence, l’Ordre de Malte France a voulu agir, avec une réponse adaptée à la nouvelle réalité du terrain et aux besoins spécifiques créés par le contexte des derniers mois. Dès le 15 mars, l’association a réorienté 80% de son activité vers l’aide aux plus fragiles.

Des précaires toujours plus précaires

La crise du COVID-19 a d’abord fragilisé les structures d’urgence habituelles - foyers et centres sociaux, points de distribution de repas et vêtements, de consultations avancées, douches publiques… 65% des associations ont ainsi dû «mettre en sommeil» leur activité. Or il s’agit souvent du seul « filet de sécurité » des personnes sans abri, par ailleurs très isolées : « Ça fait des années que les gens sont à un mètre de moi quand ils passent dans la rue… Le confinement, ça ne change pas grand-chose ! », a ainsi expliqué l’une d’entre elles à nos bénévoles.  Si le faible lien qui les relie au système d’urgence vient à se distendre, elles deviennent invisibles, accroissant le nombre des hyper précaires. 

Une nouvelle forme de fragilité

Elle a émergé pendant la crise sanitaire, et probablement à long terme : « ce sont ceux qui ont un domicile fixe mais un faible niveau de revenu habituellement, et dont  les ressources sont amoindries par la crise économique, le chômage partiel… ils ne peuvent plus se nourrir », explique Guillaume Romaneix, directeur délégué aux supports délégations. Depuis le mois d’avril, nos bénévoles témoignent qu’ils rencontrent - et c’est un fait nouveau - de plus en plus de personnes se nourrissant dans les poubelles. À Toulon, Monique Rolland, déléguée départementale, s’interrogeait pendant le confinement sur le nombre de personnes encore à la rue, « alors que trois hôtels ont été réquisitionnés pour l’hébergement, outre les centres habituels. Chaque semaine, dès le début, nous avons vu plus de 200 personnes lors de nos maraudes ». 

Il faut une réponse adaptée !

Ces nouveaux fragiles n’ont pas l’habitude de l’aide d’urgence, il faut donc aller vers eux, dans les quartiers identifiés comme prioritaires par les  institutions et associations de très grande proximité, qui savent qui et où sont les personnes concernées. Pour toutes, l’alimentation et l’hygiène sont devenues des enjeux majeurs au quotidien.  Sans oublier la santé : « L’état physique des personnes à la rue s’est dégradé à partir de fin mars. Nous avons noté plusieurs décès pendant cette période, plus que d’habitude », rapporte Thierry Vandamme, délégué du Bas-Rhin. 

Soli’Malte, un nouveau service d’urgence

« L’association voulait aussi pallier les déficiences de suivi médical constatées pendant le confinement. D’autant plus que les personnes en situation de précarité n’osaient plus, pour beaucoup, aller à l’hôpital, de peur d’être contaminées. Elles restaient du coup avec leur(s) pathologie(s) ou accumulaient des problèmes de santé », détaille Guillaume Romaneix. « Pour toutes ces raisons, la Maison a voulu réunir ses savoir-faire pour les projeter au plus près des personnes fragiles, là où elles sont ». Ainsi est né le dispositif « Soli’Malte », un nouveau service d’urgence de rue.

L’idée : apporter une assistance à la fois alimentaire, sanitaire (avec un personnel de santé ou un secouriste prenant les constantes, assurant les premiers soins et transmettant un bilan aux services médicaux d’urgence, et la remise de kits hygiéniques) et enfin sociale, psychologique et/ou spirituelle. 

En savoir plus sur Soli’Malte.

Mise en œuvre

Des liens ont été établis avec nos partenaires habituels et de nouveaux pour obtenir des produits alimentaires et d’hygiène. Et des démarches locales permettent aussi de récupérer les invendus des magasins. Le projet a été lancé dans treize grandes villes : Bourges, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Nantes, Lille, Strasbourg, Lyon, Versailles, Colmar, Mulhouse, Paris et Toulon, en modulant le format selon les spécificités locales et en s’intégrant dans le tissu associatif local. 

Une utilité toujours d’actualité

« Au cours de cette période, les demandes des personnes précaires ont changé, explique encore Thierry Vandamme. Certes, pendant le confinement, à Strasbourg, beaucoup ont été logées à l’hôtel et étaient nourries deux fois par jour. Mais dès le 11 mai, elles ont été remises à la rue, alors que les associations comme les Restos du Cœur n’ont pas pu rouvrir tout de suite. Nous avons donc continué à préparer des colis alimentaires et à les distribuer au cours de nos maraudes. Malgré la fin du confinement, le dispositif Soli’Malte est toujours adapté ». D’autant plus que l’intérêt de la présence systématique d’un secouriste a été constaté partout : pouvoir vérifier de manière quasi professionnelle les détresses vitales avérées et transmettre un bilan précis au médecin de la régulation du Samu en cas de problème, peut permettre le déclenchement d’un véhicule de secours si besoin et sauver des vies. 

Témoignage de Barthélémy Gindre, bénévole à Boulogne-Billancourt

« Ce soir-là, notre équipe composée de deux maraudeurs et un secouriste est partie vers 20h30 pour l’une des premières maraudes Soli’Malte. Les personnes rencontrées apprécient particulièrement la prise en charge par un secouriste, ne serait-ce que pour une prise de température et de saturation. Ces gestes simples leur donnent l’assurance que l’on se soucie de leur santé – et donc de leur vie - en cette période où le sujet est sur toutes les lèvres. La majorité se porte bien, mais tous sont soulagés qu’un secouriste leur confirme leur bon état de santé. Cette première maraude Soli’Malte a montré l’intérêt de déployer en même temps l’ensemble des compétences maltaises : aide alimentaire, distribution de produits d’hygiène, écoute, soutien social, prises de température et de saturation en oxygène ».